Hoigirl en perdition
mercredi, août 16, 2006
  -L-
J'ai comme une odeur d'hôtel dans le nez

J'ai comme une odeur d'hôtel dans le nez.

Comme des souvenirs lointains derrière les yeux. Comme si c'était il y a si longtemps. Alors que c'était encore hier.Qu'on était plein de boue.

Il y avait comme quelque chose de différent.

Comme si le monde avait radicalement tourné sans moi.

Comme si j'avais pas réalisé qu'il tournait.

Mais le monde tourne toujours.

Avec ou sans toi. Moi. Nous tous.

Soit tu tournes avec, soit tu ne tournes pas, et le vertige te prend parfois.

 

Hier, j'avais 17 ans.

Hier, je crois que j'avais encore eu un peu d'espoir.

Hier, nous étions fous, et plein d'étoiles brillantes comme des flammes pour nous brûler les yeux.

Et aujourd'hui?

Aujourd'hui, nous avons tous 19 ans.

Et désillusionnés. Tués. Achevés par le monde qui tourne et tourne et tourne encore.

 

Je me suis beaucoup amusée avec *lui*. Nous avons ris comme des dingues sous la pluie. NOus avons failli glisser dans la boue. Nous avons bafouillé des mots grignotés. Nous avons balancé de l'amour partout. Et nous avons gronchonné aussi, roté et pété.

 

La musique était trop belle.Les artistes étaient trop beaux.

 

Mais quelque chose clochait.

Il y avait les souvenirs qui ne voulaient pas partir.

Les souvenirs accrochés à cet endroit , que je n'arrivais pas à arracher de mon cerveau, à arracher de mes yeux, quand nous passions au travers des endroits où je vécu mes derniers jours. La fin du bref rêve, et de la courte vie libre. De la brève liberté chérie.

 

Je crois que même ces jours-là, ces êtres titubants, ces musiques qui nous emplissent, ces harmonies, je n'en veux plus.

QUe dis-je???

 

Hahahahahaha.

J'en voudrais toujours. Parce que c'est trop bon. Parce que c'est trop beau.

Même s'il pleut, s'il vente, s'il grêle, s'il neige.

On se sent un peu plus libre que d'habitude.

Enfin, on se sentait...

Maintenant, même là, la liberté a partiellement disparue.

 

 

 

 

J'étais heureuse, c'était ça qui clochait.

Le bonheur n'est rien comparé à un coeur lourd près à exploser.

Le bonheur n'est rien à côté des mots qu'on porte comme des blocs de bétons.

Le bonheur n'est rien à côté de n'être que l'ombre de soi-même.

L'ombre de moi-même.

J'ai perdu mon ombre pour cette vie où je ne sens plus rien au dessus des corps dont je n'ai même plus peur.

 

16/08/06

 

 

 
in Con-Soma-tion

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