Je me rappelle de l'anonymat, je me rappelle des rues piétones,
je me souviens des murs de la fac, je me souviens du ciel monotone.
Je me souviens du sable et des pavés, je me rappelle de l'ancienne gare,
des rues, des places et des trottoirs, je me souviens du ciel à pein étoilé.
Je me souviens des journées sans rentrer,
de l'hiver vigoureux rendant nos membres lourds,
je me souviens des nuits sans bout, des journées sombres et de la nuit qui tombe.
Je me souviens du tram, des vélos comme à Amsterdam,
de nos corps collés et marchants à travers le blizzard du temps.
Je me souviens du cube noir, au début de l'aventure,
de mon coeur s'embrasant dans cette salle de théatre.
De sophie, de mathieu, de polyne
de gauthier hurlant dans la nuit
de max, perdu dans ce pays
de ségo, de yann, aude et petit pierre
capucine, yvan, pauline, clara
eva, violette, stephanie, hélène,
andreea, nico, nico, pia,
loïc, adjal, carole,
du fec, du stifft, de la gallia,
du palais u, du patio, du portique,
des bibliothèques et de la passerelle.
de tonio et fred,
de l'exil et dus.
polyne, encore, toujours.avec maxime à la cafet' de chimie,
à essayer d'oublier qu'elle va avorter.
et M. .
M. dans la nuit.
M. nu.
M. triste.
M. frigorigifié.
M. partout, mais jamais là.
Et M. à Brest, et strasbourg tellement loin.
Je me souviens de la salle Erasme
Et de la plus belle chanson du monde
Quand tout commençait.
Quand rien n'était écrit. Rien du tout.
Maman, viens...
Aide-moi
Dis-moi que tout ira bien.
Dis moi que nous sommes bien il y a longtemps dans cette salle de bain.
Dis moi que je sors du bain, et que tu vas me sécher dans une grande serviette.
Dis moi qu'il fera chaud dans la salle de bain, et qu'il y aura des crèpes dans la cuisine.
Dis moi que tout sera comme quand j'étais petite, maman.
Dis moi que rien n'a changé et que tu es encore là,
Dis moi que j'aurais pas aussi mal à l'âme de cette solitude éternelle.
Dis moi que le monde était déjà comme ça mais que je voyais rien, maman.
J't'en prie, maman, reviens. Reviens vite.
Parce que je vais pas tenir longtemps dans ce désespoir-là.
M'abandonnes pas, s'teuplait.
Maman...Maman...viens, j't'en prie.
B. , 16 septembre 2006