Hoigirl en perdition
jeudi, août 17, 2006
  -K-





Il fait froid.
J'ai cette sensation de froid qui se balade partout sur ma peau , sous mon pullover.
Cette impossibilité à se réchauffer. Et puis la faim.
Alors, je souris et je pleure de joie, en retrouvant à peine le souvenir de cette chambre maudite sous le toit, même pas le mien, et même pas dans mon pays merveilleux, où j'ai crié sans bruit, et griffonnés des mots superbes.
En fait, je suis triste. A nouveau.
Je déteste Août, et je déteste Juillet. Et encore plus Juin.
Le premier est le mois des déchirures magnifiques, le second est le temps des derniers moments, et le premier est le moment où les doutes deviennent des certitudes.
Trois mois pour haïr le monde. Trois mois pour étouffer. Trois mois pour s'achever.
Trois mois pour se préparer , aussi, aux déchirures multiples. Aux petites morts, soi-disant qu'il y a des morts qui sont petites.Trois mois pour s'habituer à la nouvelle solitude qui arrive à grands pas de velours.
Trois mois pour pleurer de solitude, et trois mois pour renflouer les caisses de la sncf, sans renflouer ses propres caisses, parce qu'il y a cette affreuse peur des hommes impossible à combattre.
Je suis perdue, perdue, perdue, perdue et encore perdue.
Les souvenirs sont les plus forts.
Je rangeais, et puis cette évidence. J'accrochais ces affiches, ces flyers, et puis l'évidence qui clignotait en rouge sang dans mon âme.
Tu n'as que des souvenirs. Pas un seul avenir, pas une seule ambition.
Envie vitale de revenir à un certain moment, et vivre, au lieu de survivre en écoutant la flagellation du coeur, quitte à devenir ce que je hais de toute mon âme, quitte à être ça, plutôt que cette lucidité affreuse et terrible.
Tu n'as que des souvenirs.
Je pourrais faire ce que je veux. Essayer de revivre n'importe quoi, aller n'importe où où je suis déjà passée, je ne me souviendrais plus des nouvelles images, seulement des anciennes, parce qu'alors, mon cerveau et ma mémoire marchaient correctement, enregistraient ce qu'il fallait, et les rangeaient.
Maintenant, il y a un virus. Un cancer.
Un cancer, parce que ça prend doucement, et qu'on devient des putains de faibles.
Un weekend pour essayer de survivre, et puis se rendre compte qu'on n'essaye que de re-vivre. Revivre de la musique, revivre de la beauté, revivre des souvenirs joyeux, d'avant tout-ça. Et revivre aussi cette musique tellement bonne qui résonnait, parce que je trainais mon coeur comme une vieille valise, prête à exploser. Et là, il n'y avait pas de lourde valise, même pas de sac à main. Rien.
Vide. Rien. Néant. Souvenirs. Rien d'autre. Pas d'ambition. Nihilisme. Tuer le temps à défaut de se tuer soi-même.

Et survivre quand même...Exister quand même...





 
in Con-Soma-tion

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