-J- comme J'espère encore et toujours.
Abandonnée. Mais j'm'en fous. Faut que j'm'en aille.
Avec des drogués de cette foutue vie, avec des gens ivres de vivre.
Donc, avec personne.
J'm'en fous. J'men irais toute seule. Jusqu'à c'que j'en puisse plus.
Même si j'ai la trouille, que ça m'empêche de dormir, que ça m'donne la gerbe, à cause de la Nausée.
Tant pis.
De toute façon, ils seront tous ailleurs. Comme toujours. Et comme toujours.
Tant pis.
Tant pis.
Tant pis.
Tant pis.
Sale défaitiste de merde!!
Sale faible!
Sale vaine!
FUCKING COWARD, GO BURN IN HELL!
Haine de ce destin de merde, qui donne et qui reprend bien plus vite.
Qui s'amuse à attiser la haine et le désespoir.
Qiu transforme mes tripes en liquide lacrymale.
Y a bien des fois où je suis sur la bande blanche, prête à tout brûler, et puis courir très loin, quand je me prend dans la gueule la RÉALITÉ,quand ça m'anéantit tellement que j'ose me promener comme une imbécile heureuse, jusqu'à ce que je retombe dans la RÉALITÉ.
Et puis vouloir crier et tendre tous ses muscles, mais pas pouvoir, pour la bienséance, et pour que personne ne se doute.
Et puis finir par avoir le corps tout tendu parce qu'il a même plus assez d'carburant pour rester affalé.
Ce corps qui n'est plus le mien, qui est celui d'une autre, d'une putain de faible, avec des yeux d'bovins qui essaye de vivre.
Moi , j'me souviens, j'étais pas comme ça. J'vivais bien. J'm'en prenais plein la gueule, mais ça me passait au-dessus. Je dissimulais bien, et ça m'atteignait pas.
Puis, je contractais tout mon corps, parce que j'pouvais encore.
Mais maintenant...Mais maintenant...
Mes rêves sont mes souvenirs.
Et je dois a-v-a-n-c-e-r?
Ah...
Allez tous mourir, bande de raclures !
Vous, vous étiez pas dans mes rêves. Moi, j'avais des rêves de mondes autrement. vous étiez pas dedans. Vous serez jamais dedans.
Avec votre "petit confort".
Trahie, abandonnée, laissée là.
Mais on me dit "bah, vis quand même".
Et pourquoi?Hein? Vivre pourquoi?
Je voudrais bien Vivre, moi.
Mais je VIS pas, je survis. Bande de cons!
Je n'ai pas de frêre. Jamais eu. Jamais."Il" n'a jamais été mon frère que dans les registres.
J'ai failli en avoir un, une fois. J'lui ai demandé. Il m'a ri au nez, et puis, il s'en est allé, en me laissant trainer dans mes restes de moi. C'est depuis ce moment-là.
Moi je croyais en lui. Je croyais en lui comme j'aurais pû croire en moi. Il était mes rêves, ce con. Et il a pas su les prendre. Il a pas su dire oui pour devenir mon frère.
Déçue. Abandonnée ici. Enfantômée. Enfantée, et puis laissée trainer ici, laisser exister ici. Juste exister. Laissée brûlée par le temps, enfermée en elle-même.
Je leur dis "tant pis", avec un beau sourire.
Je les maudis dans mon ventre, mais je leur souris, comme toujours.
Mourir de soi. Mourir des autres. Mourir de soi et des autres. Mourir sans les autres. Peur. Peur. Peur de mourir parce qu'il n'y a plus d'autres.
Juste des noms, et des numéros. De vagues souvenirs. Des photos. Des photos où on pouvait deviner que tout était écrit. Que tout allait se réaliser.
Je leur dis "tant pis", avec un beau sourire. Le même depuis toujours.